Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 09:55
La pointe hivernale de consommation pose des problèmes structurels en France, selon l'association Négawatt. Le phénomène s'aggrave depuis 20 ans, mais les pouvoirs publics ne font rien pour l'enrayer.
Un paradoxe, alors que plusieurs groupes de travail planchent sur la question de la réglementation thermique.


Pour l'association Négawatt, «le problème de la pointe électrique va demander des choix politiques de plus en plus difficiles à prendre s’il n’est pas réglé maintenant». Principal responsable de cette pointe, selon l’association: le chauffage électrique. Le 7 janvier 2009, jour du «record» de consommation électrique (92.400 mégawatts), celle de chauffage électrique a représenté une surconsommation en puissance de 34.000 MW, soit l’équivalent de la moitié du parc nucléaire français.

De plus en plus installé dans les logements (¼ de l’existant, ¾ du neuf), le chauffage électrique implique en hiver une puissance appelée sur le réseau croissante, et contribue fortement à la hausse des pics de consommation depuis 1981. Depuis cette date, l'écart entre le niveau de la consommation de base (puissance minimale appelée toute l’année) et le maximum d'hiver s'est accru de 21.400 MW, soit l'équivalent du tiers du parc nucléaire français.

Plusieurs problèmes structurels en découlent, expliquent les membres de l’association Négawatt:
- le surdimensionnement du système de production électrique pour pouvoir répondre à une demande qui n’aura lieu que quelques jours dans l’année;
- le développement des centrales électriques à gaz (20 tranches autorisées à la construction, 40 projets identifiés) alors qu'une utilisation directe du gaz pour chauffer les logements est 2 à 2.5 fois plus économe.
- une capacité nucléaire (variant de 15.000 MW entre l’hiver et l’été) qui ne permet plus d'assurer la demande totale et qui doit être couverte par des moyens de production thermique (emmeteurs en gaz à effet de serre), et par les importations de plus en plus chère (lundi 19 octobre, les prix de l'électricité livrée en France ont atteint  3.000 euros par mégawatt-heure contre 34 euros pour le tarif reglementé).

De plus, denombreuses mesures  viennet aggraver le problème selon l’association:

- crédit d’impôt sur des pompes à chaleur air-air à pêine plus performantes qu’un convecteur électrique;
- le label BBC («bâtiment basse consommation») de 50 kilowattheures par an et par mètre carré en énergie primaire qui est en passe d’être détricoté; 
-  la part «fixe» de la facture d’électricité qui a augmenté de 15%, et qui favorise les gros consommateurs d'électricité.

Pour l'association, peu de gens y gagnent, et surtout pas les consommateurs, hormis les traders et les opérateurs, qui ont «besoin» de cette pointe pour vendre cher leur électricité. Aussi, Négawatt fait-elle plusieurs propositions:
- revoir la politique tarifaire de l’électricité pour favoriser les économies d’énergie et faire «payer plus selon la puissance souscrite et la consommation annuelle»;
- imposer un seuil unique de 50 kWh primaire par an et par mètre carré pour le bâtiment neuf dans le cadre de la réglementation thermique 2012;
- arrêter les subventions pour les pompes à chaleur les moins performantes et contribuant à la pointe;
- donner la priorité à l’isolation et la conversion des bâtiments chauffés à l’électricité vers les énergies renouvelables;
- et mettre en place une véritable contribution climat-énergie (CCE) et non une taxe carbone exonérant l’électricité.

Bref et pour résumer : l'énergie la plus propre, est celle que l'on ne consomme pas.
Par Défendre et Servir la Motte - Publié dans : Quoi de neuf?
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Commentaires

Merci pour ces renseignements et ces informations.
Commentaire n°1 posté par Chauffage le 07/12/2009 à 08h53
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