Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /Juin /2009 11:23

Demande renouvelée d’un étiquetage «sans OGM»

Dans un avis publié le 19 mai, le Conseil national de la consommation (CNC) se félicite que le Parlement et la Commission européenne se soient décidés à procéder à une réflexion sur l’opportunité de créer des mentions du type «sans OGM» au niveau communautaire. Il indique qu’il poursuivra ses travaux «pour parvenir à un consensus entre ceux qui souhaitent s’en tenir aux mesures de la note d’information (limite de détection de l’analyse) et ceux qui souhaitent voir évoluer ce seuil vers la limite de quantification (estimée à 0,1%). Le CNC souhaite que le terme «Animaux nourris sans l’utilisation d’OGM» puisse être apposé sur la viande et les produits laitiers issus de filières excluant l’alimentation à base de soja ou maïs OGM.

Dans un communiqué, l’association Greenpeace France «prend acte avec satisfaction de cet avis qui devrait permettre de pérenniser les filières sans OGM et d’orienter la demande vers ces produits», et se réjouit que le CNC admette «pour la première fois la possibilité pour les industriels de l’agroalimentaire ayant fait le choix du sans OGM de le faire savoir par le biais de l’étiquetage». L’ONG considère en effet que les filières sans OGM sont menacées par les surcoûts (tests, coûts de séparation, etc.) imposés par les cultures OGM au point de voir leur existence menacée. Elle estime que cette mesure «ne pourra qu’inciter les AOC fromagères et les producteurs de lait à rejeter les OGM».

L’avis du CNC intervient alors que le Haut conseil sur les biotechnologies achève de se mettre en place, et aborde ses premiers travaux avec, au menu, le «sans OGM».

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une étude européenne prône la création de zones dédiées

La coexistence des cultures OGM et conventionnelles en Europe ne serait possible qu’en employant de grandes distances d'isolement ou dans des zones dédiées de production, conclut une large étude européenne.
Yves Bertheau, chercheur à l’Institut français de recherche agronomique (Inra) et coordinateur de Co-Extra, a souligné à l’AFP que pour instaurer une zone dédiée : «il faut que tout le monde s'entende: avec, ou sans-OGM, ce qui ne lèvera pas tous les problèmes. Comment seront définies ces zones? Restera le problème des bordures. Et celui du statut juridique».

Selon l’étude, la coexistence de maïs OGM et conventionnel «apparaît faisable» mais dépend fortement des conditions locales et des pratiques agricoles. Les auteurs précisent que les teneurs moyennes «peuvent» rester conformes au seuil européen d'étiquetage de 0,9%. Mais en réalité, les opérateurs de l'agro-alimentaire se calent sur un seuil de 0,1%, une donnée qui mériterait d’être prise en compte par l'UE, selon Yves Bertheau.


Le programme de recherche européen Co‐Extra (2005-2009) avait pour objectif de fournir les outils nécessaires à la mise en œuvre de la coexistence et de la traçabilité des filières utilisant des produits OGM, conventionnels ou biologiques. Avec 200 équipes de recherche de 18 pays, l'Union européenne, mais aussi Argentine, Brésil et Russie, Co-Extra est doté d’un budget de 22 millions d’euros, financé à hauteur de 13,5 millions par l'Union européenne.

Par Défendre et Servir la Motte - Publié dans : Quoi de neuf?
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