Partager l'article ! TP : une taxe pas très Professionelle: Le 5 février 2009, le Président de la République annonçait, lors de son allocution télévisée, ...
Défendre et Servir la Motte
Le 5 février 2009, le Président de la République annonçait, lors de son allocution
télévisée, la suppression, en 2010, de la taxe professionnelle (TP) concernant les mobiliers et les équipements des entreprises, au
motif que cet impôt pénaliserait la compétitivité des territoires français, incitant ainsi les entreprises industrielles à délocaliser leur outil de production.
Le président a donc proposé suite à cette annonce, le remplacement de la TP par la taxe carbone.
Sans parler du fait que cette décision, affectant exclusivement l’échelon local, ait été prise, une fois n’est pas coutume, sans concertation, elle risque, également, d’avoir été prise sans réflexions.
Au niveau de notre agglomération, la TP représente l’unique ressource fiscale. En 2008 elle représentait 56.6 millions d’euros* (chiffre du budget primitif 2008 de Chambéry Métropole) soit environ 66% des recettes.
De plus, une partie de cette TP est reversée directement dans les caisses de chaque ville par le biais d’une attribution de compensation représentant environ la moitié de la
TP.
Pour la Motte Servolex, cette attribution de compensation se monte à environ 2.7 millions d’euros (Budget primitif 2009) soit 23% des recettes de notre ville.
Autant dire que les recettes de la TP pour notre agglomération et notre ville sont loin d’être quantité négligeable.
La louable intention de notre président de remplacer cette recette fiscale, dont le taux est fixé par les collectivités locales et qui dépend de l’attractivité économique de celles-ci, pose quelques problèmes :
1 – elle contredit le principe constitutionnel d’autonomie financière des collectivités territoriales. En effet la taxe carbone aura son tau et sa collecte contrôlé par l’état.
2 – la taxe carbone est une taxe qui touche la consommation. Sans parler de l’effet néfaste que peut avoir ce genre de taxe en période de crise, cette nouvelle taxe sera payée principalement par les consommateurs individuels et non plus par les entreprises.
3 – Si la nouvelle manne fiscale ne dépend plus des entreprises, quel sera l’intérêt des collectivités à investir pour développer l’installation de nouvelles industries sur leur sol, surtout s’il s’agit d’industries risquant d’apporter des nuisances. Ne vas t’on pas obtenir le résultat inverse à l’objectif visé ?
4 – Avant toute chose, les entreprises choisissent leur lieu d’implantation en fonction du cadre de vie et de développement. Pourquoi ne participeraient elles pas au maintient de ce cadre alors qu’elles en sont les premières bénéficiaires ?
Alors, il est
vrai que la TP ne favorise pas l’investissement puisqu’elle impose directement l’outil de travail (part de la TP qui devrait disparaitre avec la nouvelle réforme) et le foncier des
entreprises.
Pour autant, les entreprises, de par le bénéfice qu’elles tirent des infrastructures publiques, doivent prendre toute leur part au financement de celles-ci. Ce n’est pas, une nouvelle fois, aux
contribuables particuliers d’en faire les frais.
La solution ne serait elle pas de revoir la fiscalité de la TP en profondeur et d’assoir celle-ci sur la valeur ajoutée des entreprises, c'est-à-dire sur leurs
bénéfices.
* montant calculé déduction faite du ticket modérateur (résultat du plafonnement des bases d’imposition) et qui est compensé par l’état
des@deslamotte.com